La Sénégalaise (Sénégal)

Mis à jour : 21 mai 2018

Demande-moi en mariage !


À l’heure du pacs, la demande en mariage continue de faire fantasmer les femmes... et d’exciter l’imaginaire des hommes. Il existe même des sites Internet spécialisés ! Besoin de magie, de se sentir unique et désiré(e) ? Pourquoi ce rituel garde-t-il aujourd’hui tout son sens ?


Carrie Bradshaw, l’héroïne de Sex and the City (1), attend depuis des années que son grand amour, Mr Big, la demande en mariage. Dans la très bourgeoise Wisteria Lane, où résident les Desperate Housewives (2), Susan Mayer, reine des lapsus et championne incontestée des actes manqués, rêve du jour où son Mike fera sa demande. Nous pouvons légitimement penser que les séries télévisées à succès sont celles qui entrent en résonance avec nos fantasmes les mieux ancrés. Aussi, à constater notre engouement durable et jamais démenti pour ces productions racontant la quête du prince charmant et les rêves d’union avec lui, nous pouvons en être sûrs : le bon vieux rituel de la demande en mariage n’est pas près de disparaître.


Les années 1960 promettaient d’avoir sa peau. Or, avec 273000 unions célébrées en France en 20083 – autant qu’en 2006 et 2007 – (bilan démographique Insee 2008), et malgré l’explosion du nombre de pacs, le mariage est un marché en plein essor. Il a même donné naissance à un métier : wedding planner, « organisateur de mariages » clés en main. Et, nouveauté, cela commence dès la demande, qui fait d’ailleurs partie des sujets de conversation privilégiés dans les forums sur la Toile.


Internet, marieuse des temps modernes


À l’inverse des marieuses traditionnelles – intermédiaires entre les familles pour associer leurs intérêts culturels ou financiers –, qui existent depuis des siècles, les nouvelles sociétés opérant sur Internet s’intéressent également aux sentiments. « 80 % des femmes disent avoir été déçues par la demande en mariage qui leur a été faite », assure Nicolas Garreau, créateur d’ApoteoSurprise, un site qui vient au secours des hommes décidés à combler leur future épouse par l’originalité de leur demande. « La limousine, le champagne, le panneau d’affichage en plein Paris… Quoi de plus beau que de lui prouver mon amour de façon aussi grandiose ? » s’enthousiasme Régis, 37 ans, l’un des clients du site. Demander son partenaire en mariage dans une mont­golfière, dans un chalet sur une île, sous une pluie de roses, en lettres géantes vues du ciel, tous les scénarios proposés s’appuient sur deux fantasmes féminins basiques : celui d’être considérée par l’aimé comme la personne la plus précieuse qui soit et celui de pouvoir régresser à l’époque bénie de l’enfance, lorsque la fillette jouait à la princesse.


Ces demandes « différentes des autres » jouent sur « le côté glamour, star d’un jour, la fascination pour les people », constate le psychiatre et thérapeute de couple Serge Hefez (3). S’il est clair que les marieurs des temps modernes transforment le rituel de la demande en entreprise commerciale, il est tout aussi clair qu’ils savent titiller le désir féminin et exciter l’imaginaire masculin (le vieux rêve d’incarner le prince charmant ou le sauveur entièrement dévoué à sa belle que chantaient déjà les troubadours du Moyen Âge) en toute connaissance du psychisme humain.


Le mariage, une quête de réassurance


Pourquoi la demande en mariage reste-t-elle surtout un rêve féminin ? « Enfouie quelque part dans l’inconscient de chacune survit cette idée qu’une femme est vraiment reconnue comme telle à partir du moment où un homme lui demande d’être la sienne », analyse Serge Hefez. Et cette idée demeurera tant que les ­femmes s’interrogeront sur leur identité sexuée. Si les hommes ­possèdent un pénis, organe bien visible qui signe clairement la leur, les femmes, elles, cherchent perpétuellement la preuve tangible qu’elles s’inscrivent bien du côté féminin de l’humanité – du moins est-ce l’hypothèse de la psychanalyse freudienne. Dans ce contexte, être « femme de », l’unique, l’élue choisie entre toutes, semble constituer une réponse sécurisante.


« On a beau être passés par Mai 68, la libération des mœurs, le féminisme, le besoin d’être désirée semble inscrit dans les gènes féminins, affirme la psychanalyste Marie-Laure Colonna, , auteure de L’Aventure du couple aujourd’hui (Dervy, 2007). À l’époque des amours, tous les animaux se livrent à des parades de séduction en vue de charmer le partenaire du sexe opposé et d’œuvrer à la reproduction de l’espèce. La demande en mariage serait finalement la culmination de cette parade amoureuse. » Cependant, les humains ne sont pas des mammifères comme les autres : ils vivent dans un univers quadrillé par le langage et les symboles. La demande en mariage vient précisément symboliser l’amour qui lie le couple. La sensation d’avoir trouvé l’être avec qui nous allons passer notre vie soulage : elle met fin à la brûlure du désir (grâce à la croyance que, dès lors, l’autre nous appartient) et calme la peur du manque affectif.


« Mon amoureux est adorable mais très peu romantique, raconte Audrey, 32 ans. Alors, quand il m’a demandé de l’épouser un genou en terre, je ne l’en ai aimé que davantage. » Réussir ainsi à « mettre un homme à ses pieds » apporte une sensation de puissance, de pouvoir. Cette expérience rassure la femme sur sa valeur. Elle permet aussi de réparer une estime de soi défaillante ou d’apaiser le douloureux sentiment de n’avoir jamais été vraiment désirée par ses parents. En ce sens, la demande en mariage est l’occasion de rejouer une partie mal engagée, avec de nouvelles cartes.


Prince charmant et cheval blanc : le désir aux commandes


Rêver d’épouser le prince charmant, comme Blanche-Neige, Cendrillon ou la Belle au bois dormant, a tendance à faire rire les esprits moqueurs. C’est oublier que les contes de fées faisaient preuve, déjà à leur époque, d’une étonnante modernité. Ils nous parlent de sentiments, de choix amoureux, en des temps où les mariages étaient essentiellement des unions de convenance et de raison, des contrats liant davantage deux patrimoines familiaux que deux êtres ! Le prince ne demande rien à ses parents ni à ses futurs beaux-parents quand il emporte sa belle sur son destrier; et cette dernière, elle aussi, n’écoute que son désir. Après son enlèvement par son beau cavalier, la princesse ne sera plus jamais la jeune fille qu’elle était avant.


"J’ai osé transgresser un tabou " Solène, 35 ans


«Je savais que mon amoureux attendait nos cinq ans ensemble pour faire sa demande, alors j’ai préféré prendre les devants pour lui faire une surprise. Pour un garçon, un dîner romantique aux chandelles ou la bague dans le verre, ce n’était pas vraiment adapté, alors j’ai trouvé, sur Internet, cette idée de demande en mariage lors d’une démonstration de cascade de voitures. Ce fut un moment vraiment parfait, plein d’émotion. J’aime me démarquer des autres femmes, et là, je pense que c’était plutôt réussi. Et puis, je ne voulais pas devenir comme ces femmes qui mettent la pression à leur compagnon, je trouve que la vie est trop courte pour attendre. Bien sûr, j’avais conscience de transgresser un tabou, je ne voulais pas froisser son ego, alors j’avais quand même tâté le terrain avant, je l’avais prévenu que ça risquait de lui tomber dessus ! Certains de ses copains se sont un peu moqués de lui mais, finalement, il a été très touché par ma démarche. Il en garde lui aussi un souvenir inoubliable. »


ApoteoSurprise

101 rue de Sèvres

75006 Paris

06 03 15 37 06

7j /7 de 10h à 23h

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